COLD GAME - Nam 1975 (1990)


Vous avez fini un jeu impossible dans des conditions incroyables et personne ne vous croit ? Faîtes appel à nous. Dans Cold Game nous vous interrogeons sur vos exploits vidéoludiques et révélons au grand jour ce que vous avez fait dans l'ombre...

1) D'après nos informations, vous avez terminé jeu NAM-1975 (1990) de SNK sur la console de salon Neo Geo. Confirmez-vous ces faits ?

C'est la vérité. 

2) Déclinez votre prénom, âge et profession.

David, 30 ans, chercheur en humanités digitales.

3) Pouvez-vous décrire en quelques mots ce jeu, pour ceux qui ne l'auraient pas connu ?

Niveau récit, c'est un rip-off de Rambo 2 avec des touches évidentes dans l'intro d'Apocalypse Now. 
Niveau gameplay, c'est un jeu de tir à la troisième personne en vue de derrière avec défilement horizontal (gauche-droite). Il s'agit originellement d'un jeu d'arcade et donc le game design (difficulté, manipulation, simplicité) s'y adapte. 

4) Pouvez-vous nous expliquer les circonstances de cet événement ?

Une soirée complète, jusqu'à 2 heures du mat'. Il m'arrive souvent de revenir à des jeux plus anciens. Je connaissais déjà très bien l'intro du jeu et étant un fan des productions SNK cette merveille manquait à mon tableau de chasse.
En quelle année cela s'est-il commis ? Entre 2006 et 2009. Étiez-vous seul au moment des faits ? Non, j'avais un ami de bonne fortune qui m'accompagnait dans l'aventure. 

5) Vous souvenez-vous précisément du moment où le jeu s'est terminé ?

Après 3 heures d'apprentissage sur le dernier niveau du jeu, le premier désespoir de la confrontation du dernier boss, j'ai le souvenir précis de la dernière partie, du dernier moment, ou le boss explose et cela ne peut qu'être la fin. 

6) Avez-vous rencontré une difficulté particulière à un moment donné du jeu ?

Le dernier stage et surtout le dernier boss!!! On a l'impression d'être face à un Omega-Rugal en Very Hard mais en mode shooting. 

7) L'idée de renoncer à votre crime, d'abandonner vous a-t-elle traversé l'esprit ?

Quand nous avons constaté que la seule soluce Gamefaqs du jeu se terminait au dernier stage et que son auteur signalait qu'il ne savait pas comment battre le dernier boss... oui. Il s'agit clairement d'un cas de difficulté exacerbée sur arcade (pour pousser à mettre plus d'argent), mais le portage console limitant les crédits... le désespoir s'installe. 

8) Avez-vous confié à quelque de votre entourage avoir terminé le jeu NAM-1975?

Pas spécialement, peu de personnes de mon entourage connaisse ce titre. 

9) Éprouvez-vous des regrets suite au terminage dudit jeu ?

Absolument pas, au contraire, une grande fierté.

10) Avez-vous reçu de l'aide extérieure, conseils d'un proche, consignes sur internet ?

Nous avons essayé de consulter une aide sur internet mais sans succès... 

11) Avez-vous un souvenir particulier d'un moment clef durant ce crime, une scène, un combat qui vous a marqué ?

Je me souviens surtout de la répétition continue du dernier niveau et de son apprentissage par coeur avec mon comparse. L'ambiance était au dépassement de soi et en aucun cas à l'agacement. La difficulté étant élevée il valait mieux se soutenir au mieux que de rager, ce qui aurait provoqué la fin du défi. 

12) Comment avez-vous connu la victime, dans quelles circonstances avez-vous commencé ce jeu ?

Il s'agit d'un des titres de SNK et je me suis régulièrement penché sur leur ludothèque. Il m'arrive souvent de faire un (ou des) titres plus anciens entre des productions plus récentes. Les productions arcades sont aussi parfaites pour une soirée de jeu. 

13) Qu'est-ce qui vous a particulièrement plu dans ce jeu ?

Le jusqu'au boutisme de l'ambiance, du design et de l'époque. C'est un peu du Metal Slug de dos. 

14) Pourquoi avez-vous souhaité y jouer jusqu'à la fin ?

Pour revivre une fois encore un des plus beaux moments de jeu, le moment ou l'on a l'impression d'avoir enfin pu répondre au défi lancé par les développeurs. Rien de pire que d'aller se coucher avec le goût âpre de l'abandon dans la bouche. 

15) Avez-vous quelque chose à ajouter ?


Mon nouveau démon est né en la cartouche (CD en fait) de Valis III sur NEC PC-Engine. Le stage du temple de l'eau, l'enfer...



TEST - Dragon Ball Z Budokai HD Collection


Il y a vingt-et-un ans, le jeu vidéo DBZ l'Ultime Menace est sorti sur SNES. Je me souviens avec quelle ferveur je rêvais de lui. Complétement accro à la série Dragon ball, je voyais cette cartouche derrière sa vitre à la placette et j'échafaudais des plans fous pour me la procurer. Surtout que ces salauds la vendaient 139.- francs suisses, pour une raison obscure et certainement mercantile. Par exemple, je me convainquais d'aller le plus souvent possible au rayon VHS et K7 de la migros du Locle, au cas où ils proposeraient exclusivement ce jeu au rabais (ce qui n'arriva évidemment jamais). J'espérais à chaque fois qu'on allait rendre visite à des amis de la famille qu'ils auraient peut-être des enfants qui possèderaient ce jeu (ce qui n'arriva évidemment jamais). J'essayais d'économiser sur mes oboles d'anniversaire ou de Noël pour atteindre cette coquette somme (ce qui n'arriva évidemment jamais). En fait, j'ai pu obtenir ce jeu par miracle. Le jeu est sorti en 1994, et en 1998, alors que j'échangeais des vignettes panini avec un rouquin de ma connaissance, nous dévissâmes de jeux vidéo. J'appris alors qu'il possédait une SNES et voulait assouvir sa soif de football avec un jeu. Je lui proposais de lui prêter ce bon vieux ISS (internachional super star soccer DELUXE pour les connaisseurs). En échange, il me dit d'un ton badin qu'il ne possédait guère que "street fighter san goku". Sous cette dénomination hérétique je compris que je touchais au graal. Ce ressortissant français roux allait accepter d'échanger pour toujours ISS contre l'Ultime Menace.
C'est ainsi que je l'ai acquis. C'était bon.
J'y avais déjà joué chez un copain, je savais tout ce qu'il y avait à savoir par cœur. Soit pas grand-chose vu que les dix persos avaient tous les trois mêmes coups. Il y avait bien Trunks, déblocable avec un rapide haut-x-bas-b-l-y-r-a au démarrage du jeu, confirmé par un énigmatique "youda kakato ! touïff… pékita !" prononcé par Babidi. Au sujet de ce magicien, j'ai compris bien quinze ans plus tard le jeu de mot foireux. Son père se nomme Bibidi, lui c'est Babidi et son engeance Bou.
Bref, tout ça pour dire que j'ai rêvé des années d'un chouette jeu vidéo DBZ, parce que j'étais vraiment un grand fan de la série. Dimitri, de lucienetdimitrijouentauxjeuxvideo.com, a d'ailleurs gagné mon estime en répondant correctement à un quizz retors à ce sujet, passage obligé à l'obtention de mon amitié. Alors, quand je me suis remis aux jeux vidéo et que j'ai découvert que toute une série de jeu sur des consoles de nouvelle génération étaient sortis, j'ai foncé. C'est ainsi que j'ai joué à la compilation HD poétiquement nommée :
Dragon Ball Z Budokai HD Collection
Déjà, voir s'animer en joli polygones les personnages de Toriyama, ça m'a bien fait plaisir. Imaginant qu'il n'y aurait pas de violence et que c'était un bon moyen de mettre un pied à l'étrier de mon fiston, j'ai commencé ce jeu un vilain après-midi en famille. Mon fils a eu le choix du perso, il a opté pour San Goku. Cet enfant ira loin. Il a regardé quelques kaméhaméhas avec un intérêt certain. Par contre, ma femme était là, elle aussi. Et c'est alors que je me suis rendu compte de l'ignorance de cette pourtant magnifique personne.
- Mais ça sert à quoi leur queue de singe ?
- À se transformer à la pleine lune.
- Et San Gohan en a une mais pas son père ?
- Si, mais dieu la lui a enlevée.
- Et San Gohan il la garde ?
- Non, y'a Piccolo qui lui a enlevé aussi.
- Piccolo ?
- Ouais, le namek. Petit coeur.
- Haaaa petit cœur ouais.
- Et pourquoi ils ont une queue de singe ?
- Parce que c'est des saïens, une race extra-terrestre.
- Ca ressemble à sayan suppa crew.
- Oui bin en fait, c'est inspiré de ça. Ils viennent de la planète Vegeta.
- Et ils auraient pas pu trouver autre chose ? C'est déjà le nom du type toujours énervé.
- Mais c'est normal, c'est parce que c'est sa planète, c'est le roi.
- Et c'est une race de guerrier, comme les spartiates ?
- Ouais, c'est assez ça.
- Mais avec les cheveux noirs et une queue de singe.
- Voilà. Sauf Nappa qui est chauve. Et Trunks.
- Trunks ?
- Ouais, celui-là, avec les cheveux violets. C'est le fils de Bulma.
- Bulma ? Mais elle sort pas avec Krilin ?
- Noooon, elle sortait avec Yamcha, mais elle a eu un fils avec Vegeta.
- Nooooon ? Vegeta ! La salope ! Mais c'est un méchant !
- Ouais, t'as exactement la réaction qu'il faut. Mais il est pas si méchant que ça. C'est un peu une constante dans l'univers de DBZ. San Goku rencontre Krilin, ils sont rivaux, ils deviennent potes. San Goku rencontre Yamcha, ils sont rivaux, ils deviennent potes. Pareil avec Ten Sin Han, puis Picco… Petit-Cœur, puis Vegeta… Même Majin Bouh devient sympa.
- Vegeta il reste quand même tout le temps dans l'ombre de San Goku.
- …
- Et Tortue Géniale ? Il décroche où il continue à se battre ?
- Non, il arrête assez vite, après un dernier tournoi où il bat San Goku en tant que Jackie Choun. Il détruit aussi la lune.
- Et là, c'est San Goku enfant ?
- Non, c'est San Goten. Le petit frère de San Gohan.
- Oh, il a un frère ? Et la fille ?
- C'est la fille de San Gohan.
- Noooooooooon ! Il a eu une fille ?
- Ouais, avec Videl, la fille de Satan.
- Satan petit cœur il a eu une fille ?
- …
Bref. C'était pas de tout repos.
Dragon Ball Z Budokai HD Collection, donc, c'est une version joli du premier et du troisième épisode de la série Budokai, tous les deux sortis sur PS2, il y a belle lurette. Entre Ultime Menace et celui-ci, j'avais bien sûr joué à Ultimate Battle 22, une horreur sortie en 1995 sur la premier PS et Final Bout deux ans plus tard plus joli mais lent et rigide. Par contre, on pouvait déjà customiser son personnage préféré, qui progressait selon comment on l'utilisait (si on faisait que des kaméhas, les boules de feux devenaient hyper mortelles, un peu comme un amiboo aujourd'hui).
Ultimate Battle 22, c'était quand même aussi moche que ça.

Alors, concernant le premier budokai, il nous offre la possibilité de revivre les événements de l'histoire DBZ, de l'arrivée de Raditz à la mort de Cell. C'est sympa, c'est découpé en chapitre et on revit les combats les plus mythiques. Par contre, il manque des persos (purée le commando Ginue quand même c'est pas trop demander) et le mode histoire est terminé en deux petites heures, même avec le pouce droit foulé. Autre déception : les attaques s'apprennent au fur et à mesure de l'histoire et les kaméhaméhas sortent suite à un combo, et pas à la demande. Un autre comble du comble : on ne peut pas s'envoler quand bon nous semble, comme dans, justement, Ultime Menace. Pas possible non plus de recharger son énergie en criant Kiiiiiiiiiiiia ! Il reste un mode tournoi, assez difficile, qui permet de débloquer de l'argent (péniblement) pour s'acheter des capsules et customiser son perso. Mais comme le mode histoire est hyper fascotte, il n'y a pas grand intérêt à upgrader ses persos. Surtout que c'est bien laborieux.
Le second Budokai proposé, mais le troisième, propose globalement la même chose : un mode histoire et un mode tournoi. Si le mode tournoi est identique (mais un mode "arène de cell" viendra plus tard, qui lui ressemble beaucoup), le mode histoire est différent du premier opus. Déjà, première super bonne surprise : le monde de DBZ (réduit) est modélisé, et on peut s'y promener en volant comme des petits fous. On peut même super sprinter en vol. On peut rendre visite à des pnjs dans les endroits les plus mythiques du monde, comme la tour Karine, l'île de Tortue Géniale, etc. Bon, c'est vachement petit et c'est surtout vachement. J'ai eu beau chercher des trucs à faire, genre des quêtes ou des combats aléatoires, bin c'était tintin pour le clafoutis. Rien de tout ça. On suit un point rouge qui nous indique là où on doit aller et si vraiment on a envie, on peut visiter les villes pour avoir un dialogue mal traduit (et San Goku qui sourit quoi qu'on lui dise et même quand il meurt, vraiment trop bonnard ce Goku). Il y a aussi les boules de cristal à chercher (et un sempiternel "oh mais c'est stupéfiant, que fait-elle ici ?" quand vous en trouvez une).
L'histoire par contre va jusqu'au maudit Dragon Ball GT (en passant même par l'épisode Broly) et quarante-quatre personnages sont débloquables (quel bonheur).
La durée de vie est donc bien plus longue, surtout que, et voici le grand point fort du jeu à mon sens, les personnages gagnent des niveaux et sont aussi customisables que des persos de RPG. On peut booster notre bonhomme là où on veut (et c'est surtout dans les boules de feu).
Note: Z
Mention: nostalgiques only.
Lucien



COLD GAME - Mario 64 (par Dimitri)


Vous avez fini un jeu impossible dans des conditions incroyables et personne ne vous croit ? Faîtes appel à nous. Dans Cold Game nous vous interrogeons sur vos exploits vidéoludiques et révélons au grand jour ce que vous avez fait dans l'ombre...

1) D'après nos informations, vous avez terminé le jeu Mario 64 avec les 120 étoiles. Confirmez-vous ces faits ? 

Tout à fait.

2) Déclinez votre prénom, âge et profession.

Dimitri de Lucien et Dimitri jouent aux jeux-vidéo, 33 ans.

3) Pouvez-vous décrire en quelques mots ce jeu, pour ceux qui ne l'auraient pas connu ?

Mario 64 est la première mouture 3d de la célébrissime série Super Mario Bros. On pouvait s'attendre au pire, mais pour moi, ce fut une très bonne surprise. J'ai pris un grand plaisir à terminer le jeu sous toutes ses coutures.

4) Pouvez-vous nous expliquer les circonstances de cet événement ? En quelle année cela s'est-il commis ? Étiez-vous seul au moment des faits ? 

C'était en 1997, j'avais acheté la console en pré-vente chez Eric Robert au Locle pour être sûr d'être dans les premiers possesseurs de N64 en Suisse. Oui, j'étais seul. La Nintendo 64 est la première console qui m'appartenait réellement et que je n'ai pas eu à partager avec mon frère, quel bonheur. J'avais travaillé illégalement, car trop jeune, pendant l'été pour me la payer. Le travail consistait à chauffer des plaques de métal sur lesquelles étaient collés des cadrans... Je ne vous raconte pas les vapeurs de colle que j'ai du inhaler...

5) Vous souvenez-vous précisément du moment où le jeu s'est terminé ? 

Oui très bien, on pouvait jouer un Yoshi, mais c'était un peu décevant... J'avais eu pas mal de peine à trouver la dernière étoile... j'étais découragé. Mais une fois celle-ci trouvée, j'ai ressenti une jouissance extrême, c'était encore mieux qu'avec les vapeurs de colle.

6) Avez-vous rencontré une difficulté particulière à un moment donné du jeu ? 

J'ai le souvenir d'un stage qui m'avait donné du fil à retordre, mais c'est très vague: de grands murs avec une sorte de piscine au centre. Les énnemis étaient des araignées d'eau et on devait jouer avec le niveau d'eau.

7) L'idée de renoncer à votre crime, d'abandonner vous a-t-elle traversé l'esprit ?

J'avoue qu'avant de trouver la dernière étoile, je m'étais plus ou moins résigné à abandonner. Mais lors d'une discussion avec mon voisin Harout durant une partie de poker que nous avions l'habitude de pratiquer dans les corridors de la maison, ce dernier m'a mis sur la voie. Je crois me souvenir qu'il fallait fixer le soleil...

8) Avez-vous confié à quelqu'un de votre entourage avoir terminé Mario 64 avec les 120 étoiles ?

Oui, mais seulement aux personnes dont j'étais sûr qu'elles sauraient apprécier un tel exploit.

9) Éprouvez-vous des regrets suite au terminage dudit jeu ?

Je crois que oui, mais pour combler le manque je me suis rapidement procuré un jeu du même style: Banjo et Kazooie.

10) Avez-vous reçu de l'aide extérieure, conseils d'un proche, consignes sur internet ? 

Non! Vade retro!!! Jamais! Plus sérieusement, mis à part la discussion avec mon voisin, je ne crois pas.

11) Avez-vous un souvenir particulier d'un moment clef durant ce crime, une scène, un combat qui vous a marqué ?

Le stage de la glace, qui, comme souvent dans les Mario, était quelques peu glissant.

12) Comment avez-vous connu la victime, dans quelles circonstances avez-vous commencé ce jeu ? 

Si tu achètes une N64, tu achètes Mario 64, non? En plus, il n'y avait que très peu de jeux disponibles à la sortie de la console.

13) Qu'est-ce qui vous a particulièrement plu dans ce jeu ?

La maniabilité était excellente, on pouvait sauter contre les murs... Magnifique !

14) Pourquoi avez-vous souhaité y jouer jusqu'à la fin ?

Parce que j'étais jeune et fou, cela faisait plusieurs mois que je ne me lavais plus les cheveux, j'avais quelque chose à prouver au monde et à moi-même...

15) Avez-vous quelque chose à ajouter ?

Oui. Je souhaite signaler qu'étrangement, le plaisir éprouvé avec Mario 64, je ne l'ai ressenti ni avec Mario Sunshine, ni avec Mario Galaxy, et ce sans trop comprendre pourquoi... Peut-être est-ce la simplicité, la pureté du premier volet – à l'image du premier Mario sur NES – qui était alors dépourvu d'alourdissement tel que les costumes de pingouins, marmottes ou autres écureuils volants.


TEST - Hammerin' Harry



Dans un monde où la gauche radicale au pouvoir en Grèce ne peut rien face à la toute puissance ultra-libérale d'une Europe à la main de fer, il me paraît de bon ton de tester le jeu Hammerin' Harry sorti sur NES seulement trois ans après la chute du mur de Berlin...

Vous incarnez Harry un habitant comme les autres - quoiqu'un peu plus nerveux - de Charpentier ville. Un beau matin, alors qu'il se rend au chantier, Harry voit une armée de destructeurs s'attaquer à son logis. La milice en question est liée à l'entreprise des Cloueurs rouillés dont le PDG a pour but de raser le quartier de notre héros afin d'y construire un grand centre commercial.

Il n'en faut pas plus mettre hors de lui notre brave ouvrier qui, après s'être mis en bandeau un drapeau de l'URSS et saisi son marteau - il ne lui manque donc que la faucille - s'en va remettre les choses dans l'ordre. Car oui, Harry n'est pas du genre à négocier et Alexis Tsipras aurait mieux fait de s'en inspirer!

Après avoir vaincu l'armée entière des Cloueurs rouillés, des punks excités, un dompteur de mouettes, des mutants vivants dans les égouts et j'en passe... vous arrivez au sommet du building de l'entreprise, dans le bureau du big boss. Et là, de manière surprenante, il ne suffira que de quelques coups de masses pour remettre en place les idées de l'homme d'affaire qui s'excusera et vous promettra d'utiliser son argent pour faire régner la paix dans le monde.

Si seulement tous les politiciens avaient le charisme d'un Hammerin' Harry...

Vous constaterez que, contrairement à mon habitude, je n'ai eu aucune pitié quand aux spoilages en tout genre. Si je me suis permis cet écart, c'est simplement parce que vous viendrez au bout des cinq stages en trente minutes seulement... c'est bien sûr le gros défaut d'un soft qui reste sympa malgré tout.

Pour terminer, je préciserai que j'ai découvert ce soft en lisant le magnifique magazine Rétro vers le futur que je conseille à tous le monde!

Note: C+
Mention: C'est la lutte finale...

Dimitri



TEST - Short Peace: Ranko Tsukigime's Longest Day


C'est la période des soldes et ceci est également valable pour les jeux vidéo. Il est temps de se laisser aller à flâner dans les rayons, les éplucher jusqu'à trouver une étiquette indiquant un prix curieusement bas : 15.-, 9,90.-,... C'est ainsi que j'ai découvert le jeu Short Peace: Ranko Tsukigime's Longest Day.

Le jeu était vendu 10 balles, je l'ai donc saisi pour voir de quoi il s'agissait. Et là, surprise! Short Peace et Ranko Tsukigime's Longest Day semblent être deux choses différentes... le nom du cinéaste d'animation Katsuhiro Otomo est cité, c'est une des mes idoles... je ne comprends plus... je suis perdu...

Après avoir repris mes esprits, je constate que Short Peace est en fait une compilation de courts métrages qui, à l'instar de Memories, ont été supervisés par Otomo san (Akira, Steamboy). A première vue, le film paraît être bien plus important que le jeu. Je me dis que pour 10 balles... Otomo est une valeur sûre et au pire si le jeu est à chier ben... bref je l'embarque.

La japanimation a une grande importance pour moi: c'est la principale influence m'ayant poussé à devenir bédéiste à mes heures perdues, en m'aiguillant vers les mangas notamment. Au départ, j'ai littéralement ingurgité tous ce qui me passait sous la main - parfois en session de quinze heures d'affilées - ce qui donna lieu à quelques scènes scabreuses... par exemple la fois où j'ai visionné Urotsukidoji à l'heure du goûter alors que ma mère et ma grand-mère étaient à mes côtés...

Avec le temps, j'ai appris à affiner mes choix en m'orientant vers une animation plus alternative et expressive: le travail du Studios 4C° (Mind Game, Kemonozume) en animation et celui de Tayio Matsumoto (Amer béton, Ping Pong) en bande-dessinée. Non pas que le reste ne m'intéressait plus, mais plus pour une question de temps à disposition.

Si j'ai finalement passé une excellente soirée avec ce soft, ce n'est sûrement pas grâce au jeu en lui-même... En effet, le soft à proprement parler est très faible et vous le terminerez en deux heures maximum. Le gameplay passe de passages un peu à la Sonic, à certains plus proches d'un pseudo Super Meat Boy, puis à d'autres en shoot'em up... Bref, on se réjouit de terminer ces phases... Je suis pourtant arrivé au bout de ce jeu. 

En effet, le scénario totalement déjanté se bonifie avec l'avancée du jeu qui est entrecoupé de scènes animées somptueuses. Car si les quatre courts métrages de Short Peace peuvent être trouvés facilement en DVD ou Blueray, Ranko Tsukigime's Longest Day, considéré comme le cinquième segment, est une exclusivité Playstation.

Après chaque interstice vidéoludique péniblement terminé, vous vous voyez récompensé par de magnifiques animés relatant l'histoire de Ranko. Si les deux premiers interludes sont de bonnes factures tout en restant très classiques, les développeurs sont, à partir du troisième, partis dans un gros délire. Ainsi, après s'être extasié sur une animation clairement inspiré par les Studio 4C°, on enchaîne avec une séquence manga/animé à la Fully Cully, pour terminer en apothéose avec un truc complètement fou à la... ben j'avais jamais vu un truc comme ça...

Ensuite la folie des animations monte en puissance et envahit petit à petit le jeu et c'est exactement ce qui manquait au début du jeu.

Pour ce qui est des quatre courts métrages de Short Peace, c'est évidemment de la très bonne qualité que je vous recommande chaudement.

Note : A+ pour l'anime.
Mention : C + pour le jeu, avec un gros + pour le dernier niveau.

Dimitri



TEST - Vvvvvv



S'il est indéniable que la sortie de Dragon Quest 8 a joué un rôle majeur dans ma réaddiction vidéoludique, il y a un autre genre de jeux qui a également appuyé cette décision : les jeux indépendants. Sans prétention d'historien des jeux-vidéo, je vais introduire ce test par mon histoire, très peu exhaustive, vis-à-vis des jeux « indé ». Allez, un, « dé », trois, c'est parti !

Alors que j'avais ressorti ma PS2 pour la sortie de Dragon Quest 8, deux camarades de l'école d'art, Mathias et Guigui, m'ont initié au splendide Shadow of the Colossus des studios ICO. Le concept de ces soirées était simple: nous nous retrouvions, mangions des fajitas et une fois le ventre bien rempli, nous nous attaquions à cette formidable aventure. Quelle immense claque que la découvert de ce soft... Pas de texte à lire, une immense liberté de déplacement et le concept de stage qui disparaît en laissant la place aux boss seulement; de très grands boss, tellement grands qu'ils incarnent le stage en eux-mêmes... le pitch fait rêver.

C'est quelques années plus tard, chez mon ami Rob, que j'ai pu me confronter une nouvelle fois à ce monde des jeux indépendants, qui avec l'introduction du X-box live et du PSstore, avait pris une ampleur surprenante. Car si les studios ICO sont restés dans la filiale classique de distribution en étant sûrement produit pas Sony, nombres de petits studios ont profité de l'opportunité créée par les plateformes de téléchargement. Sont alors apparus une série de petits jeux regorgeant de créativité, finissables en quelques heures et plus magnifiques les uns que les autres.

J'ai pu me confronter pour la première fois à cette nouvelle vague avec le jeux Limbo. Des graphismes somptueux, un certain mystère laissé sur le scénario et, le plus souvent dans ce nouveau genre de jeux, un hommage plus ou moins dissimulé aux jeux de plateforme qui ont bercé notre enfance en magnifiant le genre grâce aux évolutions technologiques, tout en restant fidèle à une certaine simplicité qui caractérisait le genre. Notons que Limbo était beaucoup plus révolutionnaire au niveau graphique qu'au niveau du gameplay.

A l'acquisition de la PS3 fin 2014, mon premier achat fut ainsi Journey, un magnifique jeu indépendant réalisé par les créateurs de Flower notamment. J'ai ensuite régulièrement jouer aux jeux « indé » jusqu'à ce jour où j'ai terminé Vvvvvv qui sera l'objet de ce test.

Tout d'abord, merci Monsieur Magnus Pâlsson pour cette bande-son incroyable! Des thèmes chiptune évoluant en intensité au fil de l'avancée dans l'histoire, et vous immergeant parfaitement dans l'univers du jeu. Magnus Pâlsson, également connu sous le nom de Souleye, avait déjà composé une piste pour le jeu Space Phallus.

Au niveau graphique on frôle l'épuration totale pour arriver à un résultat proche de l'Atari ou du Commodore 64, et cela ne nuit en rien au plaisir. Il y a ainsi un seul sprite pour tous les personnages, qui sont alors distingués par la couleur.

Vous incarnez le capitaine d'un vaisseau spatial égaré dans une autre dimension. Vous devrez retrouver tous les membres de votre équipage éparpillés au quatre coins de cet environnement instable spatialement. Une histoire un peu prétexte, mais qui s'adaptera parfaitement au gameplay, au moment où, proche de la fin du jeu, les dimensions vont s'entremêler les unes aux autres et ainsi relever le challenge.

Un son chiptune, des graphismes pourris, une histoire bidon... mais pourquoi donc jouer à ce jeux? Il est temps de parler du point fort du jeu: le gameplay. Le premier point surprenant et original réside dans la suppression du saut; l'élément spécifique du jeu de plateforme est ici remplacé par un système d'inversion de la gravité. Même si j'imagine qu'il n'est pas le premier jeu à utiliser ce procédé, la technologie actuelle permet une précision et une variété dans la manière d'utiliser ce concept qui apporte un réel plus ainsi que beaucoup de fun.

Vvvvvv, sorti en 2010 sur PC et Mac et conçu par Monsieur Terry Cavanagh, sera donc un moment de pur plaisir pour tous les fans de jeu de plateforme. Pour ma part j'ai vécu l'expérience sur new 3ds et je pense que c'est le seul jeu que j'ai fait et que je ferai avec l'option 3d enclenchée au maximum, même si après les 3h30 qui m'ont été nécessaires à terminer le jeux, j'ai eu un peu mal à la tête... et oui, ce mode 3d pique un peu les yeux. A noter pour finir que la récolte des vingt disques cachés dans le jeu représente un très bon challenge.

Note : A
Mention : Simple mais efficace.

Dimitri